Objets éponges
Projet

Objets éponges

Date : Janvier 2013
Type : Design objet

Matériau: porcelaine

Les Objets éponges résultent de l’entrelacement aléatoire de brins de porcelaine. Les pièces ont reçu un émail blanc brillant.
Le projet a été mené en partenariat avec la céramiste Marlène Rifford.

Ces objets, dont seuls demeurent les linéaments d’une ossature souple, présentent une plasticité polymorphique et nous mettent face à ce qui semble être une perpétuelle croissance, un développement sans début ni fin – ou s’agit-il de la prolifération imprévue d’une expérience microbiologique ? La lisibilité des Objets éponges se fait en filigrane, par l’entrelacement des brins de porcelaine qui abolissent quasiment l’idée d’objet. Cette nouvelle lecture de l’objet remet en question la dialectique de l’intérieur et de l’extérieur, puisque toute idée de cloisonnement s’est dissipée.

Certains objets de la série sont travaillés comme des contenants (vase, boîte), mais, s’ils en gardent la silhouette, ils n’en demeurent pas moins ouverts de partout – rendant a priori absurde la présence d’une ouverture principale. Ses mouvements multiples et inextricables nous donnent l’impression que l’objet est pleinement ouvert mais qu’il peut également, au sein de cette densité, dissimuler un espace où s’entrecroiseraient différents éléments. Les divers éléments se voient ainsi intriqués dans ce réseau et comme intégrés à l’organisme de l’objet. Si les Objets éponges peuvent « absorber » un certain nombre d’éléments venus d’horizons différents, ils sont également susceptibles d’être « colonisés », c’est-à-dire investis par ce qui pourrait s’apparenter à des éléments parasitaires. La structure osseuse de ces objets, ouverte à tous les possibles, serait dans cette mesure en attente d’être complétée ou alimentée, par ce que nous pourrions, métaphoriquement, appeler une chair ou des organes que chacun serait libre de composer selon une organisation légère, souple et vagabonde – opposée en ce sens à toute classification rigide ou d’une froideur fonctionnelle. L’objet serait alors à l’instar d’un liant, propice à l’imprévisibilité des rencontres.